Accompagner le deuil et rendre hommage au défunt

En cette période particulière réservée à la commémoration de nos morts, j’aimerais mettre en lumière un métier pas comme les autres : le thanatopracteur qui prépare et prend soin du corps du défunt avant son dernier voyage. Il joue un rôle primordial aussi pour les familles en prenant part indirectement au processus de deuil.

«Je ne travaille pas sur les vivants, mais pour les vivants, confie, avec simplicité et détachement, Sébastien Bonnafous, et surtout j’accompagne du mieux que je peux les proches.» Dès que son téléphone sonne, il se rend chez les défunts ou en chambre funéraire pour réaliser un soin de conservation – «partie la plus technique» – d’hygiène et de présentation. «Parfois, une simple toilette suffit. On coiffe la personne, on la maquille légèrement», explique-t-il. Le corps sera simplement installé sur un lit réfrigérant. Mais à la suite d’une longue maladie, d’une chimiothérapie, d’un suicide, d’un accident de la circulation, les soins deviennent plus techniques. Si souvent une heure suffit pour réaliser la totalité des soins, Sébastien Bonnafous peut parfois passer plusieurs heures, voire plusieurs jours, à préparer le défunt. Et ce, toujours «en s’attachant aux petits détails». Un travail minutieux «qui doit frôler la perfection. Il faut que la famille ressente que je me suis occupé de son proche avec toute l’attention possible, que j’ai apporté tout ce que je pouvais apporter», complète le thanatopracteur dans l’article de la depeche.fr

Cela me fait penser à ce magnifique film

où l’accompagnement au grand voyage est sublimée avec un profond respect et beaucoup de bienveillance sur cet art délicat qu’est le rituel de mise en bière au Japon.

Dans ses souvenirs, Axel a toujours été fasciné par le corps indique le thanatopracteur dans l’article de France info. « J’ai toujours été très intéressé par l’anatomie, le corps humain. Je voulais travailler dans ce domaine ». Après un stage en maison de retraite lors de ses études médicales et sociales, il a le déclic. « Une fois, un résident est décédé et je l’ai porté en chambre mortuaire. Je ne savais pas ce qu’il se passait ensuite. On m’a dit que les pompes funèbres allaient s’occuper de lui. » Axel se renseigne, navigue de forum en forum pour découvrir « les métiers de la pompe », et tombe sur des discussions sur la thanatopraxie. « J’avais déjà mis cette idée dans un coin de ma tête, mais là, je me suis décidé. Je trouvais que l’embaumement était vraiment un travail passionnant, qui permettait d’accompagner les familles dans le deuil en toute discrétion. » 

« Je me concentre sur mes gestes, je suis seul dans le calme, le silence, face à un corps que je cherche à embellir au mieux. Ça m’apaise vraiment. »

Malgré ces rares moments de solitude, Axel prend beaucoup de recul sur son métier, et se fiche des clichés : « Non, je n’ai pas de fascination morbide. Le problème c’est que la mort est taboue dans notre pays, on évite d’en parler. On célèbre les morts de manière assez sinistre, ce n’est pas comme au Mexique ! »

La mort est un tabou que l’on a du mal à briser, 59% des français pensent « souvent » ou « de temps en temps » à la mort avec le lot de questions qu’elle soulève sans forcément oser en parler. Aussi le dernier numéro de Ça m’intéresse propose 200 questions et infos étonnantes sur la mort.

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Retrouvez à cette occasion un podcast audio en 5 épisodes, « Ma vie avec la mort » : 5 personnes qui côtoient la mort au quotidien, ils nous expliquent leur métier, la raison de leur choix et ce que leur profession a changé dans leur rapport à la vie et prochainement l’interview de Mélodie, thanatopracteur.

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