Casser les codes pour encourager les personnes handicapées à accepter leur corps

Image associéeManon Bodeving

Avoir confiance en soi n’est pas chose facile pour tout le monde, encore moins lorsqu’on est différent. Des modèles handicapés, âgés de deux à 54 ans, ont posé pour le projet photo “Limb Difference Awareness“. Dirigé par l’agence britannique de modèles Zebedee Management, ce superbe shooting prône la confiance en son propre corps et l’acceptation de soi. Tous les modèles présentent la même différence : certains sont nés avec un membre manquant, d’autres ont été amputés.

Que leur différence soit congénitale ou non (cancer, méningite, diabète, accident, ex-vétéran), ces modèles veulent simplement pouvoir se tenir debout, avec ou sans leur prothèse. Aujourd’hui, la représentation positive est importante dans les arts, la mode ou les médias. Pourtant les modèles handicapés peuvent facilement compter le nombre de fois où ils ont été représentés. Ces photographies célèbrent l’amour de soi et l’acceptation de leur propre différence.

Il y a deux mois déjà, Zedebee Management avait réalisé un autre projet photo avec des modèles atteints du syndrome de Down, à l’occasion de la journée mondiale de la Trisomie 21. Saviez-vous qu’il y a 8 millions de personnes trisomiques et 30 millions de personnes amputées dans le monde ? En France, on compte environ 50 000 personnes touchées par le syndrome de Down et 40 000 amputées. Et vous, seriez-vous capable de participer à un shooting pour exposer votre différence au monde entier ?

Monty, Ashley, Daniel, Marleen, Mollie et Grace

Crédits : Zebedee Management

Chantelle, Jamie, Mark, Dan, Nancy, Andrew

Crédits : Zebedee Management

Jamie

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Chantelle

Crédits : Zebedee Management

Crédits : Zebedee Management

Dan

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Nancy

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Andrew

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Ashley

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Crédits : Zebedee Management

Daniel

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Monty

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Mark

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Mollie

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Crédits : Zebedee Management

Grace

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Marleen

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Kelsey, Kiryn, Daisy et Neisha

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Kelsey

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Kiryn

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Daisy

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Neisha

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George, Oakley et Albie

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George

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Oakley

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Albie

Crédits : Zebedee Management

Imaginé par : Zebedee Management
Source : boredpanda.com

L’art comme refuge et canalisateur de la souffrance

Pour Frida Kahlo, peindre était une façon de transformer la douleur en expression artistique. C’était son canal, son refuge, sa forme de liberté. Parce qu’elle a toujours refusé d’être victime, elle a compris très tôt que la vie ne devait pas se comprendre à travers sa souffrance physique. La vie, pour Frida Kahlo, était par-dessus tout de la passion.

Quand on admire son œuvre La Colonne brisée (1944), on ne peut pas s’empêcher de ressentir un profond frisson. Dans ce tableau, le symbolisme de la douleur acquiert plus que jamais une intensité palpable, physique et presque désespérante. Toutes ses années de traitement et les appareils orthopédiques qu’elle dut porter, elle les grava ainsi comme une sorte de témoignage, d’exaltation du corps physique comme synonyme de torture.

“Pourquoi voudrais-je des pieds si j’ai des ailes pour voler ?
-Frida Kahlo-

Frida a elle-même expliqué une fois qu’elle a peint tous ces autoportraits parce qu’elle se sentait seule. Plus que de vouloir canaliser la souffrance physique, elle avait besoin de se trouver face à quelqu’un pour lui expliquer comment elle se sentait, et cette personne n’était autre qu’elle-même.

L’exemple de vie et d’attitude de la célèbre peintre mexicaine nous démontre quelque chose de très concret : la créativité est un véhicule, c’est un mécanisme exceptionnel capable de nous aider non seulement à restructurer la douleur, à canaliser la souffrance. Les thérapies expressives comme la peinture, l’écriture ou la composition sont également une façon de nous retrouver avec nous-même pour prendre soin de nous et retrouver l’équilibre émotionnel.

                                                                La Colonne brisée, 1944

La souffrance et l’artiste torturé-e

Nous aimons souvent penser que l’art, pour arriver au sommet de son expressivité et de son génie, a besoin d’un esprit torturé et d’un cœur blessé. L’archétype du poète tourmenté et de l’écrivain qui écrit de façon frénétique pendant ses nuit de delirium tremens est toujours très présent dans notre imaginaire collectif.

                                                                 Rufus Wainwright

Wainwright est catégorique sur ce point. Il sait très bien qu’en ce qui concerne la souffrance, il n’y a pas un avant ou un après, en particulier lorsqu’il s’agit de traumatismes vécus pendant l’enfance. Les démons dansent toujours à côté de nous, ils ne disparaissent pas totalement. Il y a simplement un moment où l’on choisit de rester victime toute sa vie ou de s’autoriser à être heureux-se, malgré le fait que l’on devra vivre avec ce souvenir.

Dans ses compositions, une bonne partie de la tristesse du passé ne s’est pas encore tue, elle est toujours présente parce qu’elle fait partie de lui et c’est un morceau du souffle qui donne naissance à sa créativité. En revanche, le bonheur d’aujourd’hui est également une stimulation puissante dans ses œuvres. Quel besoin y aurait-il de renoncer à un de ces points ou de les nier ?

Au bout du compte, nous sommes tou-te-s un amalgame complexe d’émotions opposées, de lumières et d’ombres qui façonnent tout ce que nous sommes. L’essentiel est de ne pas nous laisser abattre, comme l’a réussi Frida Kahlo, et nous devons trouver une passion et faire d’elle un espèce de refuge, une sorte de catalyseur grâce auquel on peut donner au monde le meilleur de nous-mêmes et en même temps prendre soin de notre propre univers émotionnel.

L’art comme refuge et canalisateur de la souffrance

Nous n’oublions pas…

Toutes mes plus douces pensées en ce jour de commémoration, parfois les “Les Mots du Silence” sont bien plus forts.

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“Je suis Paris” interprété en Langue des Signes Française par Eloïse Pot et Jean-François Goulian
© Jennifer Lescouët / 2015

Devenue sourde à l’âge de 8ans, Jennifer Lescouët a très vite ressenti un certain attachement pour la photographie. Le visuel est devenu dès lors son moyen d’entendre et surtout, de s’exprimer.

Pendant longtemps, la surdité a été un sujet délicat à aborder et à accepter en France, mais aussi partout dans le monde. La Langue des Signes Française a ouvert les portes de la communication à tout un monde silencieux.

Grâce à ses études en photographie, Jennifer Lescouët a pu donner naissance à sa première série photographique autour de la LSF.

Le but est de montrer que cette langue n’est pas un pis-aller, et bien que visuelle, les images donnent l’impression d’entendre les mots avec nos yeux, que le public soit sourd ou entendant : universel, le bénéfice est le même pour tous.

Les Mots du Silence est un mariage entre le temps de pose et le flash. Les participants de cette série forment un groupe indifférencié, sourds, entendants, jeunes et séniors.

Le noir et blanc a été choisi pour refléter la force à chacun de ces mots signés, et pour l’aspect artistique de l’image. un cadrage parfois critiqué à la verticale, mais souhaité pour rester dans l’optique du portrait.

Qu’importe la signification du mot. il a été choisi principalement pour sa beauté visuelle.

Laissez-vous envahir par les mots du silence.

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